« Axel et la face cachée du palmier » par Patrick Defaux
Bonjour tout le monde !
On se retrouve aujourd’hui pour parler d’un roman touchant, un roman qui prend aux tripes. C’est une oeuvre assez éloignée des fictions dont nous discutons habituellement, car celle-ci évoque l’un des plus grands drames que puissent vivre des parents : la maladie de l’enfant. Décrit au plus juste dans une auto-fiction, découvrons donc « Axel et la face cachée du palmier » un roman de Patrick Defaux aux éditions Spinelle.
Sommaire:
L’auteur
Pour partie au cœur de la Guadeloupe, où il vécut plusieurs années, l’auteur, Patrick Defaux, nous livre ici, de façon romancée, l’histoire de la maladie de son fils, et les turpitudes d’un couple qui au fil des jours se perd dans un marasme de plus en plus insoluble. Mais c’est aussi un formidable message d’espoir, pour tous ces enfants, toutes ces familles qui traversent des existences incertaines.
Le synopsis
Lors d’une soirée littéraire, Yann Servet écrivain en manque d’inspiration rencontre Axel, un gamin de 10 ans atteint d’une tumeur au cerveau.
– Tu veux savoir ?
Pourquoi tout mon corps a-t-il dit oui ? Pourquoi tous mes sens, ma bouche, mes yeux ? Pourquoi ne pas foutre le camp, pendant qu’il en était encore temps ? Faire comme ceux qui avaient fui avant moi, et comme ceux qui le feraient après ? Cette attitude était bien courageuse de ma part. Elle ne me ressemblait pas, moi qui étais dans un perpétuel état de dérobade. Pourtant, j’ai pris une chaise, et je suis venu m’assoir à ses côtés… Ma vie bascula ce soir-là, sans la moindre conscience de ce qui m’attendait…
Yann tombe sous le charme de cet enfant lunaire, mais aussi de sa mère Alessandra…
L’histoire
Yann est un auteur désabusé par la vie, amoché par elle. En mal d’inspiration après un succès retentissant, son train-train quotidien se résume à son alcoolisme, aux courses hippiques avec son pote Djamel, et sa relation platonique avec Jennifer, une prostituée.
En froid avec son éditeur, qui attend avec impatience et avidité son prochain projet, Yann se retrouve malgré tout convié à une soirée mondaine où sa plume sèche retrouvera le goût de l’encre. En effet, il y fait la rencontre du jeune Axel, 10 ans, seul petit bonhomme dans ce milieu de grand. Qu’est-ce qui poussera Yann à aller à sa rencontre, à s’interroger sur sa présence ? Difficile à dire sinon, peut-être, ce sentiment que l’un comme l’autre n’ont pas vraiment leur place ici ?
L’enfant, lui, n’a pas sa langue dans la poche, il déballe sans mal ni pudeur l’histoire de sa vie, de sa maladie, d’une tumeur au cerveau. Un sujet qui fait fuir bon nombre de personnes. Pourtant, cette rencontre a un goût particulier, une saveur d’importance ! Yann se trouve subjugué par le parcours hors norme d’Axel, autant qu’il le fut de sa rencontre avec la mère de l’enfant, Alessandra. Un échange de numéro s’opère, et une décision se prend. Yann en est à présent convaincu, son rôle, sa mission, sera de raconter le périple de cette famille et la maladie de leur enfant. Une histoire passée qui, pourtant, se révélera loin d’être terminée…
Mon avis
Sujet sensible, sujet tabou, même, et pourtant/malheureusement si réel. L’auteur que nous découvrons aujourd’hui, Patrick Defaux, a choisi de prendre la plume pour mettre sur le papier les propres maux de sa famille. Sous un format romancé, certes, au travers des personnages de Yann, auteur cynique et alcoolique, qui prendra la mission qu’aucun ne lui avait confiée, celle de raconter l’histoire d’Axel, ce petit ange au destin chamboulé par la tumeur, ainsi que la vie complexe de ses deux parents.
À mi chemin entre fiction et réalité donc, Patrick Defaux nous relate le parcours d’une famille découvrant, comme un effroyable et imprévisible coup du sort, que leur enfant de cinq ans est atteint d’une tumeur au cerveau. Une tumeur faisant voler en éclat la vie idéale que la famille avait en Guadeloupe, bousculant les projets du père de famille, Marc, navigateur sportif bien souvent absent.
De cette effroyable découverte, nous assistons au déroulé des événements, impuissants, inquiets, comme le sont les parents d’Axel. Ballottés comme un canot au milieu de l’océan, au cœur de la tempête. C’est tout d’abord avec le système de soin précaire de la Guadeloupe, profondément délaissée sur le plan médical comme sur bien d’autres, qu’il faudra composer, puis sur un retour chaotique en France qui n’inaugure que le début d’un long chemin semé d’opérations, de chimiothérapies et d’épreuves, pour l’enfant, pour la famille, pour le couple.
Je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec une rencontre personnelle. Il y a peu j’ai eu le plaisir de discuter avec l’auteur Ghislain Fernandez, nous avons notamment échangé sur ce qu’apporte le vécu propre de l’auteur dans son histoire. Cela m’est particulièrement revenu en mémoire à la lecture de ce livre.
On peut imaginer l’horreur de la situation, l’inquiétude, ressentir tout cela, mais il y a une différence entre l’imaginaire et le vécu qu’il est parfois difficile de gommer. Et quand l’auteur parle de son vécu, cela pousse souvent le récit à un autre niveau. Ces mots mis sur d’autres maux forment ici la parole de ceux-là mêmes qui furent marqués dans leurs chairs et leurs esprits par l’effroyable épreuve de la maladie.
Cela apporte à l’œuvre une justesse des émotions, j’ai trouvé ce livre si justement bien écrit. Nous, les lecteurs, sommes touchés, frustrés, troublés ou en colère quand les personnages le sont, car ils sont le reflet d’un vécu, ils nous emportent par leur authenticité.
Il faut dire aussi que le lecteur n’est pas épargné. Outre la maladie d’Axel, Yann mène une vie qui lui convient, mais ses chaussures seraient bien difficiles à chausser pour le commun d’entre nous. Dans ses convictions, dans sa façon d’expérimenter la vie, il nous entraîne également dans ses tourments intellectuels, philosophiques, addictifs, dans tout ce qui fait de « l’écrivain » ce qu’il est et ce qu’il essaiera d’être pour Axel et Alessandra.
En conclusion
Que dire de plus ? « Axel et la face cachée du palmier » s’est révélé être une oeuvre authentique, profonde, nous emmenant au plus près de ce vécu face à la maladie infantile. Une oeuvre touchante venant d’une plume convainquante.
Bien que le sujet principal ne soit pas joyeux, j’ai aimé cette ambiance parfois douce-amère qu’il y a, entre l’histoire relatée et celle romancée, ces petits moments de joies comme ceux de doutes, retranscrit avec la justesse d’une histoire vécue. C’est une histoire qui touche, évidemment, il ne peut en être autrement, mais qui porte aussi un message d’espoir, comme la promesse d’une accalmie salutaire après la tempête. Une œuvre à découvrir !
Carte d’identité du livre
Titre : Axel et la face cachée du palmier
Auteur : Patrick Defaux
Édition : Editions Spinelle
Parution : Janvier 2025
nombre de pages : 214
ISBN-13 : 978-2386510960
Obtention : Service Presse Payant *
Disponible en broché sur le site de l’éditeur, sur Amazon**, chez La Fnac**, et dans les librairies (leslibrairies.fr).
*« Service presse payant » veut dire que l’artiste a rémunéré le blog pour réaliser et diffuser (en totale indépendance et sans interférence dans le contenu) une chronique sur une oeuvre. Cette rémunération, en plus d’un signe fort de reconnaissance envers le travail réalisé et les nombreuses heures consacrées, offre au blog la possibilité de s’autofinancer et ainsi de continuer d’exister tout en proposant toujours plus de contenus et sans spammer le site de publicités. Plus de détail dans cet article : (?)
** Ces liens sont affiliés, cela veut dire qu’en achetant via ces liens vous aidez le site leschroniquesdejohn.fr à survivre, puisqu’une commission est reversée par les sites de ventes sur les ventes réalisées. Toutes les explications sur l’onglet « Comment me soutenir ? »
