« Elle tangue, mais ne sombre pas » par Oddie Blossom

Bonjour les amis !

On se retrouve aujourd’hui pour une chronique particulière, puisqu’il s’agit de la première biographie du blog, mais également du premier livre sur lequel j’ai travaillé en tant que correcteur (cf mention bas d’article) ! Nous allons donc parler de « Elle tangue, mais ne sombre pas », de Oddie Blossom, aux éditions Humbird & Curlew !

L’autrice

Diplômée d’une maîtrise en Ressources Humaines, et en projet de formation en ayurveda, ce cheminement n’a pourtant pas été linéaire.

Aujourd’hui expatriée à Montréal, cette enfant des bords de la Méditerranée se livre, avec bienveillance et franchise, sur l’anorexie à laquelle elle a survécu.

Plus qu’un témoignage, c’est une confession dans laquelle elle dévoile les aspects les plus obscurs de cette maladie, tels qu’elle les a retracés à l’époque.

Désireuse de rappeler qu’une maladie ne définit pas le malade, elle souhaite que ses écrits soient d’utilité publique en diffusant au monde le message que tout est possible.

Le synopsis

18 ans, l’âge charnière nous faisant basculer dans un tout autre monde ! Oddie s’imaginait comme un joli voilier quittant les rives de l’enfance pour s’aventurer sur le chemin sinueux de la vie d’adulte. Hélas, la mer comme la vie peut être empreinte de tempêtes, et celle qui vint la frapper porte un nom aussi souvent évoqué que méconnu : l’anorexie.

En quête de contrôle et de perfectionnisme — son eldorado — la jeune capitaine n’avait pas conscience que la résistance de son bateau s’amenuisait de jour en jour, sous les yeux impuissants de ses proches qui assistaient à sa mort latente.
Obstinée dans sa quête, Oddie s’enfonçait de plus en plus profondément dans les eaux sombres et agitées de la maladie. Il lui fallut sentir en son cœur le souffle de la mort pour enfin comprendre l’engloutissement proche de ce qu’il restait de son existence. Mais cela suffirait-il pour rebrousser chemin ? Était-ce encore possible de rejoindre, par-delà les brumes pernicieuses de la maladie, cette famille, ce phare qui n’espérait que son retour à bon port ?

Cette étincelle de lucidité avait fait comprendre à Oddie à quel point son voilier s’était éloigné du rivage des vivants. Épuisée et fragilisée, il lui fallait désormais faire face à cet océan cruel qu’est l’anorexie. Ainsi s’engagea-t-elle dans une course folle, contre la montre, contre une maladie… pour la vie !



L’histoire

On découvre au travers de « Elle tangue, mais ne sombre pas », rédigé à partir du journal intime d’Oddie Blossom, une maladie que nous connaissons tous de nom mais dont on ne sait finalement que peu de choses : l’anorexie.

C’est un récit particulier, très intimiste, qui nous fait glisser en même temps que son protagoniste sur la lente pente de l’anorexie.
On découvre une jeune femme en apparence pleine de vie, prête à s’ouvrir au monde et à la vie d’adulte, dont la maladie va sournoisement s’installer en modifiant progressivement ses habitudes et comportements alimentaires.

Perdue dans cet âge particulier de 18 ans, où nous ne sont plus des enfants mais pas encore réellement des adultes, la jeune Oddie se retrouve en quête de contrôle sur sa vie et c’est avec la complicité de la maladie qu’elle trouve ce repère, ce contrôle tant voulu qui se fera sur son propre corps par le biais de son alimentation. De moins en moins d’aliments ingérés et toujours plus d’activité physique, la jeune Oddie se dessèche comme une rose se fane, ne laissant plus que l’ombre de ce qu’elle était.

Le voilier — qui forme dans le livre de belles allégories et illustre les différentes parties — se dirige inexorablement vers les eaux tempétueuses dont on ne revient pas. Nous assistons alors, aussi impuissants que ses proches, à la lente descente, à la perte de poids d’Oddie, à la naissance des craintes que cela engendre auprès de ses proches et aux conflits qui en résultent. Tentatives, si l’on peut dire, pour son entourage de créer un choc qui lui ferait prendre conscience de la réalité de son état avant que le pire ne se produise…

Mon avis

L’exercice de l’autobiographie n’est pas chose évidente, parler de soi tout en parlant à l’autre, à la personne qui lira son récit… Mais c’est ici une franche réussite. Oddie Blossom nous entraîne au plus près de la maladie qui l’a assaillie durant ses études, s’installant lentement, prenant chaque jour plus d’ampleur, jusqu’à devenir le centre de gravité de sa famille.

C’est une lecture parfois difficile, car on y ressent pleinement les inquiétudes et la détresse, à la fois d’Oddie mais aussi de son entourage, dont quelques personnes ont pu témoigner à la fin du récit, et en même temps, on se sent aussi perdu qu’eux face à cette maladie, à ce mot que nous connaissons sans savoir réellement ce qu’il implique, sans voir le mal qui se cache derrière.
Je ne voudrais pas dire que l’on comprend et qu’on ressent la maladie, cela ferait affront au vécu des nombreuses personnes qui luttent contre ce mal, ça ne me semble possible qu’en en faisant la réelle expérience. Mais on parvient par les mots d’Oddie, par les actions et réactions dans son combat, à se faire une idée — plus précise que les on-dit et les préjugés que nous entendons — de ce qu’il se passe en elle, en son corps et dans son esprit.

On prend conscience de ce combat. Je pense que c’est vraiment ça qu’apporte ce témoignage, « prendre conscience », comprendre que l’anorexie ce n’est pas juste « se priver de manger pour ressembler aux images photoshopées », mais une réelle maladie, un véritable combat que la personne doit mener souvent seule dans un premier temps, médicalement accompagnée dans un second. La maladie, par ses nombreuses facettes, parvenant à manipuler la personne pour qu’elle n’aille pas si facilement chercher l’aide qui lui serait nécessaire.

J’ai beaucoup apprécié le fait de conserver le point de vue « Oddie face à la maladie », quand elle a basculé dans le médical. On ne se retrouve pas face à un livre de science qui va dire « la maladie c’est ceci ou cela, on la résout comme ci comme ça ». Non, on demeure tout le long aux côtés d’Oddie, témoin de son journal, au coeur de son conflit dans sa longue quête vers la guérison.



En conclusion

J’ai découvert tellement de choses au travers de « Elle tangue, mais ne sombre pas » que je me suis senti « grandir », vous savez, ce sentiment d’avoir un avant et un après.
On se rend compte qu’on ne sait rien de ce sujet, on nous en parle, en surface, on ne nous l’explique pas. Et c’est sans doute ce qui m’a le plus happé dans ce récit : ces choses cachées, ces tabous qu’on omet, une jeune femme avec toute sa délicatesse et son courage est venue nous les montrer en exposant pleinement l’intimité de son combat, en abordant l’anorexie avec tout ce que cela a entraîné pour elle et dans sa vie.

J’ai mis un peu de temps à en parler sur ce blog, à cause de cet aspect très intimiste que nous n’avons pas envie de jeter sur le papier comme on pourrait le faire d’une anecdote fictionnelle. Il faut vraiment se donner le temps avec cet ouvrage, de le lire, le découvrir, de l’appréhender et le réfléchir.

Une réflexion que je me suis faite en découvrant ce livre, c’est que les proches d’Oddie auraient pu mieux l’accompagner s’ils avaient eu un livre comme celui-ci entre les mains. Et c’est je pense, sans me permettre de parler pour elle, le souhait qui est fait en écrivant ce livre : aider les personnes atteintes de cette maladie et les proches à comprendre et faire face à ce combat dont la réalité demeure encore trop tabou dans notre société.

En définitive, c’est une lecture d’utilité publique qui pourrait venir en aide à de nombreuses personnes.


Carte d’identité

Titre : « Elle tangue, mais ne sombre pas »
Autrice : Oddie Blossom
Édition : Humbird & Curlew (collection Humbird’s Memories)
Parution : juillet 2022
nombre de pages : 168
ISBN : 978-2-4932270-0-3
Obtention : Livre reçu en correction*

Disponible en eBook et livre papier : sur le site de l’éditeur : « Elle tangue, mais ne sombre pas » — Oddie Blossom

Ainsi que sur toutes les marketpace, Amazon, Fnac etc…

(En achetant via cette vignette ou ces liens vous permettez au site leschroniquesdejohn.fr de survivre ! Explications sur l’onglet « Comment me soutenir ? »)

*La correction de cet ouvrage est réalisée sur contrat rémunérant par pourcentage sur les ventes. En aucun cela n’influence la présente chronique qui est rédigée selon un avis personnel. La chronique répond aux mêmes critères que les autres présentes sur le site, ainsi ni l’artiste ni l’éditeur n’a pu interférer sur le présent avis.

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