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Fantasy

Créatures tome 1 par Laure Bénédicte

Bonjour à tous !

Aujourd’hui nous basculons non pas dans la quatrième dimension, mais dans un monde virtuel pimenté par la vie réelle, vous voici intrigué ?  C’est parti pour : Créatures Tome 1 : Contrôle — le monde d’Élise.

L’auteure.

Originaire des Yvelines, Laure Bénédicte nous propose ses écrits depuis le Québec où elle vit depuis dix ans.  Bercée dans le jeune âge par les livres pour enfant, elle se découvre à l’adolescence une passion pour l’horreur et le fantastique (avec entre autres Stephen King et les histoires d’Amytiville), avant de plonger dans les romans d’auteurs tels que Paulo Coelho, Bernard Werber, Philip K Dick ou encore Maxime Chattam.
Côté écriture, Laure Bénédicte se tourne vers le fantastique pour ses deux premiers romans (Créatures tome 1 et 2) bien qu’elle exprime clairement le souhait de ne pas se limiter à un genre précis.

Laure Bénédicte aime écrire des histoires labyrinthiques où le lecteur ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, et c’est exactement ce qu’il se produit pour ce premier ouvrage que nous allons découvrir dès à présent !

Synopsis.

Objectif numéro 1 : trouver et ramener un sorcier pouvant éradiquer les créatures métalliques qui pullulent et détruisent la forêt de Brocéliande et ses habitants.
Objectif numéro 2 : tuer Élise !

Laure Bénédicte nous livre ici un roman mi-fantasy mi-réaliste parfaitement savoureux. L’histoire, dans toute sa complexité, est magistralement dominée. Le récit est enlevant. Les personnages sont irrésistibles. Et par-dessus tout, c’est une femme qui tient la plume. Élise, Eliott et Jade (au plan virtuel), Julie, Raphaël et Alexia (au plan réel), et tous les autres, nous le feront sentir à chaque instant, au fil de ce roman picaresque, sentimental, prométhéen et passionnant.

L’histoire.

Je devrais plutôt écrire « Les histoires », car en réalité il y en a plusieurs qui se confrontent dans ce livre.
D’un côté du ring nous avons la réalité : là où une équipe de développeurs de jeux vidéo conçoit leur nouveau projet : Créatures. Un jeu de fantasy dans lequel se mêlent des personnages hauts en couleur (s’approchant du style manga avec, par exemple, les cheveux orange d’Élise), des Elfes, Humains, Centaures et Magiciens, ainsi que des créatures métalliques.
De l’autre côté nous avons : Créatures ! Eh oui, l’auteure nous plonge à la fois dans les coulisses de la création, mais aussi dans le jeu en lui-même, car ce dernier à une particularité : les personnages ont la capacité d’apprendre indépendamment du programme. Et c’est d’ici que part le problème !

Difficile d’en parler sans trop en dévoiler, mais il se trouve que l’équipe du monde réel décide de supprimer le personnage d’Élise pour intégrer une nouvelle héroïne plus en accord avec la demande du public (Jade). Hélas, il ne suffit pas d’un « ctrl+a+suppr » pour effacer la jeune Élise, un personnage à la capacité de se transformer en Gorgone. Pour se faire, elle doit mourir dans le jeu ! La tâche revient donc à son partenaire Eliott, un jeune garçon possédant un robot capable de se transformer en arme. C’est lorsque celui-ci braque son robot sur Élise que tout bascule ! En effet elle parvient à se libérer du programme qui la guidait jusqu’alors et s’échappe avant qu’Eliott ne mette fin à sa vie.
Dans le monde réel, c’est une catastrophe ! On assiste à une réunion de crise suite à cette découverte où l’on flirte avec un problème de taille : l’intelligence artificielle autonome.

Déstabilisée, autant par la situation que par ses émotions qu’elle ne parvient pas à comprendre, et craignant qu’Eliott la retrouve pour terminer ce qu’il avait inexplicablement commencé, Élise part en quête de réponses auprès du sage, un humain respecté des trois races qui avait aidé les deux enfants par le passé.

Mon avis.

L’histoire nous balade efficacement d’un monde à l’autre, revenant parfois sur un élément du récit avec un point de vue différent puisqu’elle se trouve principalement partagée entre la vision d’Eliott, d’Élise, et des développeurs du monde réel.
Sur Terre, nous trouvons une équipe divisée entre ceux qui souhaitent qu’Élise soit retirée du jeu (comprendre morte) et ceux qui vont tenter de la sauver de ce terrible sort… Parallèlement à quoi le monde virtuel évolue, en autonomie ou avec un coup de pouce des développeurs (pour le meilleur comme le pire).

C’est un jeu de chasse qui débute pour Eliott afin d’accomplir sa mission : tuer Élise. Cela devient son obsession principale, laissant la quête du sorcier quelque peu de côté. On découvre néanmoins au fil des chapitres l’Histoire de ce monde virtuel et des créatures métalliques qui mettent en péril la paix si fragile du lieu.
L’indépendance d’Élise, situation au cœur du récit, est présentée comme un problème car plus personne n’a réellement le contrôle dessus. Les avis divergent sur la manière de résoudre l’affaire et cela conduit à un effet boule de neige dans le jeu qui aura des répercussions jusqu’aux plus hautes sphères des sociétés Humaines, Centaures et Elfiques, mais aussi sur les relations professionnelles et intimes de leurs créateurs dans le monde réel.

Ma conclusion.

L’histoire est intéressante, surtout avec cet échange de points de vue qui permet de bien comprendre les enjeux et les idées de chaque personnage (virtuel ou « réel »). Cependant, elle souffre de petits défauts de répétitions qui peuvent alourdir certains passages. À de rares endroits, il y a également des sauts de ligne qui ont été sacrifiés par la mise en page, ce qui occasionne un effet de bloc. Fort heureusement ce sont là des petits détails qui n’entachent pas pour autant l’intrigue.
En dehors de cela, c’est un premier tome prometteur qui introduit plusieurs histoires entre la quête initialement confiée à Élise et Eliott, les conflits interraciaux du monde de Créatures, et le passé de ce monde qui a conduit à cette situation préoccupante où les créatures métalliques (finalement peu présentes dans ce tome 1) menacent le monde.

Ce roman induit plusieurs questions quant à la place de l’intelligence artificielle et du contrôle que nous en avons, à la fois dans le milieu du jeu vidéo mais aussi dans le monde réel, sans pour autant en faire un thème dramatique ou apocalyptique puisque l’auteure braque ici le sujet sur l’éveil des sentiments et émotions de cette nouvelle forme de conscience.
La capacité d’apprentissage provoque une forme de transmission de l’autonomie d’un personnage à l’autre, un peu comme une maladie qui contaminerait les gens avec qui nos deux héros entreraient en contact. Cela va lentement influer sur l’histoire du jeu et sur les personnages qui commencent alors à raisonner par eux-mêmes, ressentir des émotions, user de subterfuges pour parvenir à leurs fins… Les enjeux posés initialement par les développeurs seront à même de basculer dans ce monde virtuel où les décisions prises provoquent d’irrémédiables changements aux conséquences parfois tragiques.

Vous me connaissez, je n’aime pas gâcher les surprises ! Alors je ne dirai rien sur la fin du livre, si ce n’est que j’ai été surpris et que je suis très curieux de savoir comment tout ce petit monde, ou plutôt ces deux petits mondes, vont évoluer !
Heureusement, le tome 2 (Halte — La cité des ombres) est déjà disponible.


Carte d’identité du livre :

Titre : Créatures 1 — Contrôle : Le monde d’Élise
Auteure : Laure Bénédicte
Édition: ÉLP Éditeur
Date : Octobre 2017
ISBN: 978-1978127678
Obtention : Service de Presse (SP)

source biographie: elpediteur.com

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